UNIVERSITE D’ORAN 2 

Faculté des Sciences de la Terre et de l’Univers.

Département de Géographie et de l’Aménagement du Territoire.

 

Public cible : Licence 2 (Groupe 01 et 02).

Matière : Eau et développement.

 Chargée du TD/TP : Mme CAID/BENAYED.N

 caid_nabila@hotmail.fr 


Fiche TD 07 – Les Ghouts : système de mobilisation traditionnelle de l’eau en Algérie.

1-      Lire attentivement le TD.

2-      Je vous invite à consulter le lien suivant et à regarder attentivement :

L'intitulé de la vidéo:Vu du Ciel - S01E02 - 12/16 - El Oued - Algérie

 

 



1-      Répondez aux questions en fin du TD (remettre en fichier word).

2-      Envoyez les exposés concernant « Les Ghouts » en fichier Word.


 I –  Les Ghouts : système de mobilisation traditionnelle de l’eau

      La région d’El Oued, située dans le nord-est du Sahara algérien, est le deuxième producteur de dattes du pays.  Autrefois, cette culture se pratiquait exclusivement dans des palmeraies traditionnelles, les ghouts (Photo 1), où les eaux souterraines étaient utilisées pour irriguer les palmiers-dattiers, palliant ainsi au manque d’eau dans la région. Les ghouts, propres à la région du Souf, sont apparus au XVème siècle et persistent encore aujourd’hui.

El Oued © Yann Arthus-Bertrand.

Photo 1: Vue générale des Ghouts à El Oued.

Les ghouts font partie intégrante du patrimoine algérien et leur caractère unique leur confère une importance capitale comme l’a reconnu l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture.

II – Fonctionnement des ghouts

    Dans le système ghout, les palmiers sont plantés dans des cuvettes artificielles d’une profondeur de 10 mètres et d’un diamètre de 80 à 200 mètres de large à environ un mètre au-dessus de la nappe phréatique (figure 1). Les palmeraies enterrées sont disséminées par groupe de 20 à 100 palmiers au centre de larges cuvettes concentriques (10 mètres de dénivellation) creusées par l’homme et dont la cote topographique artificielle a été amenée à un mètre et moins au dessus de la nappe phréatique. Ainsi, les racines sont en contact permanent avec l’eau et l’irrigation se fait de façon naturelle, sans intervention humaine. À mesure qu’il creuse, les pelletées de sable viendront s’y répartir format un mur de protection surmonté d’une autre haie en palmes sèches.

Cette technique respecte l’équilibre entre les ressources et la consommation hydriques et témoigne de l’adaptation ingénieuse de l’homme à un environnement aride en apparence hostile à toute culture. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture a d’ailleurs inscrit les ghouts au patrimoine universel agricole en tant que « système ingénieux du patrimoine agricole mondial ».



Cependant, ce système oasien millénaire est menacé et le nombre de ghouts n’a cessé de diminuer ces dernières années. Inondation, marginalisation au profit de techniques modernes d’irrigation ou abandon pour d’autres types de cultures plus lucratives sont autant de causes qui expliquent ce déclin (figure 2). Le gouvernement algérien reconnaît néanmoins la nécessité de préserver ce patrimoine et, depuis le début des années 2000, d’importantes sommes ont été allouées pour en assurer la sauvegarde, mais les solutions apportées ont eu des effets variés.


Avec la disparition des ghouts, c’est tout un style de vie qui est menacé. En effet, pour le paysan soufi, le ghout représente un véritable gagne-pain tant au sens propre que figuré dans la mesure où le fruit de son labeur lui permet d’assurer la sécurité alimentaire de sa famille. De plus, la fraîcheur et l’ombrage apportés par ces oasis ont favorisé le développement de cultures maraîchères secondaires, et ce en plein désert. Le ghout est également un lieu de cohésion sociale et familiale, particulièrement pendant les périodes de récolte puisque toute la famille s’attèle aux tâches de cueillette, tri et transport. Pour tenter de remédier au problème d’asphyxie des palmiers, première cause de dépérissement, plusieurs solutions ont été mises en place qui n’avaient jusqu’à présent apporté qu’un répit temporaire. Parmi elles, le remblaiement des ghouts, le pompage des cuvettes inondées ou la création d’une station de drainage et d’évacuation des eaux usées des ghouts. La station de drainage n’a pas donné de résultat satisfaisant car les eaux usées étaient déversées à quelques kilomètres seulement et finissaient par regagner la nappe, notamment à cause de la porosité du sol dans la région. Les efforts du gouvernement pour la préservation de ce legs ancestral sont donc à saluer. Cependant, le problème de l’abandon des ghouts reste d’actualité et il faut espérer qu’ils ne tombent pas en désuétude et ne finissent par disparaître.


Questions TD : commentaire des deux images (figures I et II)

-          Observez les deux images (d'une même région) de Google Earth , citez et expliquez  les dissemblances entre les deux dates (2017 et 2020).



Figure I : Vue générale des Ghouts au Sud-est d’El Oued en 2017


Figure II: Vue générale des Ghouts au Sud-est d’El Oued en 2020